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Compilation
préparée par Stéphan Fongaro
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Mèze
dans l'Antiquité
Si
l'on observe la plus ancienne carte géographique de la côte
languedocienne, on s'aperçoit que dans l'Antiquité une
voie maritime protégée par la lagune permettait d'aller
d'Arles jusqu'aux étangs du Roussillon.

Cette
voie maritime se juxtaposait à la voie Héracléenne
construite par les Grecs qui reliait Marseille à l'Espagne.
Parmi
les étangs constituant la lagune languedocienne, l'étang
de Thau était le plus important.
Dans
l'Antiquité, le territoire de Mèze avait un aspect fort
différent de son aspect actuel. Il avait frappé le géographe
latin Pomponnius Mela qui ledécrit
au début de notre ère. Il note que la colline de Mesua
est entourée d'eau presque de tous les côtés, si
elle n'était rattachée à la terre par une étroite
chaussée...
Les
premiers habitants de Mèze
Il
est fort probable que les Phéniciens se dirigeant vers leurs
comptoirs agathois utilisèrent l'abri naturel que leur offrait
ce site pour se protéger des tempêtes, de la tramontane
et des vents du Nord-Est. Le territoire de Mèze était
alors vraisemblablement occupé par des populations Ibères
ou Ligures.
C'est
sur le site de la chapelle des Pénitents que l'on a retrouvé
les premières traces de l'occupation de Mèze par les Phéniciens,
probablement dès le VIIIème siècle av. J.-C.
Le
nom de Mèze viendrait d'ailleurs du phénicien Mansa qui
signifie : endroit élevé d'où s'élève
une fumée. Car le site devait être éclairé
par un feu à côté de l'actuelle chapelle des Pénitents
(on a retrouvé les vestiges d'un important foyer à cet
endroit ).
Les
Phéniciens, peuple originaire du Proche-Orient, étaient
de grands navigateurs et surtout de grands commerçants qui naviguaient
sur toute la Méditerranée jusqu'en Espagne où ils
venaient chercher l'étain et l'argent.
Sur
cette voie maritime, Mèze devint donc très vite un gîte
d'étape. Il connut la prospérité grâce à
un important trafic et dès le VIème siècle av.
J.-C, un port y fut construit.
Mèze,
colonie grecque
Après
les Phéniciens, ce sont les colons Phocéens ( Grecs d'Asie
Mineure), également grands navigateurs et aventuriers qui s'installent
sur le site. Ils avaient fondé Marseille en 600 avant JC et très
vite ont essaimé tout le long de la côte. Après
Ampurias, ils fondèrent Agde, qui devait servir de relais sur
la route de l'Espagne.
Mais
le site de Mèze se révéla être un
lieu de mouillage plus abrité et surtout plus commode
d'accès.
Ainsi
ce qui n'avait été jusqu'alors qu'un comptoir
solidement défendu, se transforme en un habitat définitif.
Mèze devint ainsi colonie phocéenne.
Contrairement
aux Phéniciens, les Grecs ne font pas que du commerce,
mais ajoutent le désir d'une activité locale et
la mise en valeur des ressources qu'offrait l'établissement.
La
colonie de Mèze fut considérée comme une
profitable source de recette en raison de la richesse piscicole
de l'etang de Thau (on remarque que tous les mots qui ont trait
à la pêche ont des origines grecques ).
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Ils
auraient été les premiers à élever des huîtres,
à acclimater la vigne et à exploiter les premières
salines.Tandis que les colons d'Ionie et de Marseille s'intallaient
à Mèze et y prospéraient, un grand mouvement de
population s'est accompli.

Aux
populations autochtones ( Ibères ou Ligures ) est venue se surajouter
une tribu celtique: les Volques.
Pasteurs,
ils sont devenus agriculteurs en se sédentarisant. Une tribu
s'installa sur le piémont mézois, mais, navigateurs par
exception, ils laissèrent aux Grecs la presqu'île de Mèze.
La
conquête romaine
Mais
les Phocéens n'allaient pas tarder à faire la connaissance
d'un voisin bien plus belliqueux. En 219 av. J.-C, l'audacieuse expédition
que les Romains menèrent contre Hannibal en Espagne eut pour
notre ville de profondes répercussions. Mèze et l'étang
de Thau devinrent l'appui logistique de la campagne espagnole.
Carthage
détruite, l'Espagne soumise, l'Orient conquis, la Méditerranée
n'est plus qu'une mer romaine et le midi de la Gaule était
trop tentateur pour ne pas exciter la convoitise.
En
125 av. J.-C, Marseille demande le secours des Romains contre
les déprédations des tribus celtiques. Une occasion
pour Rome de gagner butin et territoire. La conquête de
la Gaule est commencée, le pays Volque définitivement
occupé, et la province de Narbonnaise est fondée.
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Mais
le Sénat ayant promis de respecter le territoire de Marseille
et de ses colonies, la minuscule enclave de Mèze devait rester
phocéenne.
Mais
les événements ne le voulurent pas. César, en guerre
contre Pompée, se vit refuser l'alliance des Massaliotes. Une
attitude qui devait leur coûter cher.
Marseille
est assiégée, ses colonies soumises et au mois de mai
49 av. J.-C, le territoire de Mèze est entièrement occupé
par les Romains.
La
construction de la Via Domitia qui relie l'Italie à l'Espagne,
par Domitius Ahenobarbus au moment de la conquête de la Narbonnaise,
avait facilité l'installation des Romains dans toute la région.
Car bien que l'hellénisme des Mézois dut rester longtemps
profond, une identité liait maintenant le territoire de Mèze
avec son arrière-pays.
Des
liens qui allaient encore augmenter quand au 1er siècle
de notre ère, l'empereur Claude distribua des terres
aux vétérans de ses légions, créant
ainsi autour de Mèze les multiples villas romaines dont
le territoire est parsemé.
Du
1er au 3ème siècle, durant cette période
que l'on appelle Pax Romana ( paix romaine ), Mèze fut
une cité riche et prospère. Le port connaissait
un trafic intense, les exploitations cultivaient de façon
dense la vigne et l'olivier.
Comme
les Grecs ont laissé l'empreinte de leur langue dans
le vocabulaire de la pêche, les Romains laisseront des
traces dans celui de la culture de la vigne.
On
cultivait une quarantaine de cépages et on parlait déjà
de surproduction : le vin de la région aurait fait concurrence
au vin d'Italie...
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Durant
la période des invasions, nous savons peu de chose sur Mèze.
L'occupation
de Mèze par les Sarrasins est certaine en raison de leur
périmètre d'occupation. Leur présence fut
désastreuse pour la ville. En 736, Charles Martel qui
en 732 les avait battus à Poitiers, décida de
les attaquer à nouveau et de les chasser de Septimanie.
Mèze fut rasée, ses remparts abbatus, sa population
dispersée, et les terres autrefois cultivées devinrent
jachères.
Mais
la ville n'était point condamnée. Elle allait
au début du IXème siècle, renaître
de ses cendres.
Alors
que Charlemagne devenait empereur d'un vaste empire, notre région
était, nous l'avons dit pour Mèze, dans un état
misérable.
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A
cette époque, des Espagnols étaient venus en France, fuyant
la domination des Goths et des Sarrasins. Charlemagne accueillit avec
faveur cette population active et travailleuse. Pour les fixer, il leur
distribua des terres en Septimanie.
Charlemagne
avait un double but : économique, en repeuplant le pays dévasté
et en reconstituant la richesse agraire, et politique, en formant une
milice locale capable d'arrêter toute incursion arabe.
Le
renouveau du IXème siècle
C'est
ainsi qu'en 844, dans le cadre du nouveau système féodal
qui se met en place à cette époque, une famille espagnole
reçoit, de la part de Charles le Chauve, la totalité de
Mèze, à savoir le castrum, qui comprenait la partie de
la ville groupée aux alentours de l'église Saint-Pierre
(actuelle chapelle des Pénitents) et le castrum de la Tour (actuelle
église Saint-Hilaire).
Leur
deux fils, Arrius et Ayxomus,se partageront la seigneurie de Mèze.
Une séparation qui continuera pendant tout le Moyen-Age et jusqu'à
la croisade des Albigeois.
Mèze
et la croisade des Albigeois
Au
XIIème siècle, la seigneurie de Mèze était
rattachée à la Vicomté de Carcassonne-Béziers,
dirigée par la puissante famille de Trencavel. Afin d'en finir
avec les cathares du Languedoc, les gardiens de la foi catholique encouragèrent
des expéditions armées contre ces hérétiques
du Midi qui mettaient en péril l'unité de l'Eglise.
La
horde des barons du Nord, dirigée par Simon de Montfort,
attiré par la richesse et la vie polie du Languedoc,se
répandit sur la région, sous le signe de la foi.
Les barons méridionaux, empêtrés dans leurs
querelles internes, furent incapables de faire un front uni
face à l'offensive des croisés.
Mèze
fut pris le 29 juillet 1209 et sa seigneurie lui fut confisquée
au profit de l'evêque d'Agde qui devient le seigneur dominant
de l'ensemble de Mèze.
Par
le traité de Paris qui mit fin officiellement à
la guerre en 1229, Mèze rentra définitivement
dans l'escarcelle du royaume de France.
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Mais
la croisade des Albigeois a profondément modifié la vie
politique de Mèze. Les seigneurs ne résident plus, le
château n'est plus habité, deux siècles plus tard
il sera en ruines. Les seigneurs ne sont plus représentés
que par des officiers souvent sans compréhension. Le peuple va
se détacher d'eux et un esprit d'émancipation ne va pas
tarder à s'affirmer.
Portrait
de Mèze au XIVème siècle
La
première moitié du XIVème siècle fut pour
Mèze une période d'émancipation et d'organisation.
La
communauté trouve peu à peu sa place légitime dans
l'administration de la ville. Par des compromis avec les cités
voisines, elle fixe définitivement ses limites.
La
suzeraineté de l'évêque d'Agde, son pouvoir de seigneur
direct s'estompe et Mèze peut penser son destin.
Sans
qu'il soit possible de fixer la date exacte de leur création,
Mèze était dirigée à cette époque
par des consuls et un conseil général de la communauté,
qui prenaient des décisions sous le contrôle de l'évêque.
Ce dernier était représenté par un bayle (bailli),
à la fois régisseur, agent financier et contrôleur.
Mais
à la tête de la communauté, les consuls formaient
une véritable aristocratie urbaine appartenant à la bourgeoisie
et à ses alliés, les artisans aisés.
Au
XIVème siècle, on peut voir Mèze enserrée
dans ses remparts, avec ses deux églises et ses petites
rues étroites qui séparaient les maisons hautes
et enchevêtrées.
L'eau
qui était rare, était puisée au puits commun;
les fumiers s'amoncelaient dans les fossés. Ils ajoutaient
pestilence à celle de l'eau jaunâtre et à
l'endémique saleté des rues.
La
vie économique se concentrait en deux pôles, l'agriculture
et la pêche, sans notable commerce et sans grands échanges.
Le port lui-même était en sommeil.
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Les
agriculteurs, libérés du servage, tiraient leurs
ressources de la vigne et de l'olivier.
Ils
cultivaient peu de céréales, celles nécessaires
à l'alimentation locale et élevaient, non sans
difficultés un cheptel pauvre. La pêche était
toujours la principale ressource des habitants, ainsi que la
chasse aux oiseaux d'eau nombreux dans les marais.
Vers
le milieu du siècle, Mèze ne fut pas épargnée
par les calamités qui s'abattaient alors dans tout le
royaume.
La
grande peste de 1347 fut sévère, tout comme celle
de 1383 qui dura quatorze mois et fit succomber tous les adolescents
de moins de vingt ans. D'effroyables disettes suivaient ces
épidémies dévastatrices.
Les
courses des routiers (soldats errants) et les ruines de la Guerre
de Cent ans semèrent d'autres malheurs dans la communauté
mézoise, très diminuée à la fin
du siècle.
Mais
le calme revenu allait permettre à la ville de panser
ses blessures et de continuer à lutter pour sa vie.
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Mèze
aux temps des guerres de religions
Eloigné
du centre parisien du pouvoir, le Languedoc était une province
particulièrement fertile pour la nouvelle religion protestante.
Dès les années 1560-1562, la violence civile, marquée
par des massacres populaires, éclata un peu partout dans la région.
Aux atrocités commises par les catholiques répondent celles
perpétrées par les huguenots.
Malgré
les persécutions, les protestants, qui comptent dans leurs rangs
d'influents partisans parmi les grands seigneurs, s'organisent et gagnent
du terrain.
La
guerre civile devient inévitable.
Le
temps des troubles
Mèze
avait choisi de rester fidèle au roi, et était restée
catholique.
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Au
mois de mars 1562, la guerre enflamme tout le royaume. Le prince
Louis de Condé soulève les protestants du Bas-Languedoc,
qui prennent les armes.
Mèze,
qui gêne ses communications avec la ville protestante
de Nîmes,est assiégée à la fin de
mai 1562 par le général Beaudiné et son
cruel lieutenant, le capitaine Grille.
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Le
3 septembre, ce dernier se rendit maître de la ville.Cinquante
soldats furent passés au fil de l'épée
et la population dut payer une très forte rançon,
moyennant quoi le capitaine Grille s'en alla, non sans avoir
saccagé le château de l'évêque, la
chapelle Saint-Pierre et l'église Saint-Hilaire.
Huit
ans plus tard, le 26 mars 1570, l'armée protestante se
présente à nouveau sous les remparts de la ville.
Après deux jours de violents assauts, sans cesse repoussés
par la resistance acharnée des habitants , les assaillants
se retirèrent contre le paiement d'une indemnité
de 1500 livres.
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Durant
les deux décennies qui suivirent, Mèze subit d'autres
assauts, ainsi que les calamités qui accompagnent inévitablement
le passage des gens de guerre : épidémies, brigandages,
réquisitions, impositions, hébergement de troupes,
récoltes détruites...
A
l'aube du XVIIème siècle, Henri IV est enfin parvenu
à imposer la paix dans le pays.
L'Edit
de Nantes a ramené le calme dans les provinces.
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Si
Mèze sort économiquement ruinée et materiellement
dévastée par ces quatre décennies de troubles,
l'autonomie communale en sortira renforcée et la ville va vivre
sans trouble le Grand Siècle et connaître une vie économique
prospère.
Les
pénitents blancs de Mèze
A
la suite de l'implantation de la Réforme en Languedoc, vers 1560,
et des guerres de religions qui ont si durement marqué le pays,
les catholiques se sont repris et, dans leur action revivifiante, ils
ont mis en place des confréries de pénitence allant dans
le sens de la réparation, de la lutte contre le pêché
qui est en soi, idées chères à la Contre-Réforme.
Coiffés
de cagoules et vêtus de robes blanches, ces confréries
de laïques dévots se caractérisaient par leurs exhibitions
publiques spectaculaires en procession, une piété mystique
proche d'un catholicisme à l'italienne ou à l'espagnole.
Ce qui n'excluait pas des actions de charité et une aide morale
et materielle efficace envers les plus démunis.
Les
premiers frères mézois se lancent dans cette aventure
spirituelle sur un coup d'audace, en faisant confiance à
la Providence et en misant sur l'avenir de leur mouvement.
Le
1er avril 1588, Guillaume de Cesses est le premier à
être reçu dans la confrérie par le prieur
de Marseillan, et bientôt deux autres confrères
le rejoignent. Ils seront sept en 1589, 13 en 1598.
Le
succés de l'entreprise est tel que se pose très
vite le problème de trouver un lieu de culte fixe susceptible
d'accueillir un nombre toujours croissant de frères.
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Ces
derniers se réunissent chez eux mais en 1590, ils demandent à
l'évêque d'Agde l'autorisation d'utiliser la chapelle du
château (église Saint-Pierre), alors à l'abandon
et servant de tripot et de refuge pour les pourceaux.
L'évêque
accède à leur demande en 1602 et accorde aux confrères
la concession de la chapelle, qu'ils ont l'obligation de remettre en
état.
Cependant,
la confrérie était autonome. A la demande des confrères,
elle fut agrégée en 1609 à l'archiconfrérie
des Gonfalonniers de Rome, s'inscrivant ainsi, comme nombre d'autres,
dans un vaste courant, dont le réseau constitue une association
d'envergure internationale, en Europe et hors d'Europe.
Au
cours de leur trois siècles d'existence, les Pénitents
blancs de Mèze marqueront la vie sociale et religieuse de la
communauté mézoise.
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L'essor
de Mèze du Grand Siècle à la Révolution
En
ce début de XVIIème siècle, la paix rétablie
par Henri IV va permettre la renaissance communale. Alors que s'amorce
une ère de prospérité , une nouvelle guerre en
Languedoc va une fois de plus remettre la ville en péril. Non
pas une neuvième guerre de Religion, mais une offensive menée
dans les années 1620 par l'Etat de Louis XIII contre la féodalité
protestante dans les provinces du Sud où les huguenots sont nombreux,
agressifs et organisés.
Mèze,
pivot du système général de défense des
armées royales, dut souffrir de longues années la présence
des compagnies de soldats.
Le
refroidissement du climat qui s'affirme à cette époque
et la grande peste de 1630 continue de décimer la population
qui ne compte plus que 1500 habitants en 1647.
Mais
Mèze, en raison de son port et du commerce important qui s'y
faisait, n'allait pas tarder à reprendre son rang dans le diocèse
d'Agde, et établir son destin de cité marchande et industrielle.
La
vie économique
Tout
en tenant compte des crises économiques générales,
on peut affirmer que Mèze au XVIIème et XVIIIème
siècles, connut une vie économique prospère.
Sa
destination portuaire, qui s'était marquée dès
sa naissance, sa vocation de péage et de transit, la dirigèrent
peu à peu vers le grand commerce dont la fin du XIXème
siècle verra le complet épanouissement.
L'économie
de Mèze est d'ailleurs ordonnée et complète.
Une
agriculture suffisante, le commerce toujours en expansion des
vins et des eaux de vie, viennent s'ajouter aux ressources locales
de la pêche.
La
tonnellerie, la distillerie, la batellerie vont de plus en plus
absorber une main-d'oeuvre locale, mais encore d'immigration.
La
fabrication de l'eau de vie était l'activité principale
de Mèze.
Cette
industrie fut profondément modifiée par l'arrivée,
à la veille de la Révolution, de deux Genévois,
les frères Argand, qui implantèrent à Mèze
leur distillerie.
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Excellents
physiciens et chimistes habiles, ils amenèrent la méthode
de distillation des vins à son plus haut degré de perfectionnement.
Mais
sous la pression des distillateurs de Sète et en l'absence de
soutien de la part des consuls de Mèze,qui ne discernèrent
pas l'importance de cette industrie pour la communauté, ils ne
purent jamais obtenir le privilège d'exclusivité. Ruinés,
ils furent obligés de vendre à bas prix leur usine et
durent quitter la France en 1792.
C'est
à ces grands méconnus que Mèze doit non seulement
son importance économique au cours du XIXème siècle,
en ce qui concerne le domaine des alcools, mais encore l'extension de
la tonnellerie qui occupera moins d'un siècle plus tard 1200
ouvriers.
C'est
à eux qu'est due l'étonnante prosperité de Mèze
au XIXème siècle.
La
vie privée des Mézois au XVIIIème siècle
Au
XVIIIème siècle, les classes sociales sont à Mèze
fortement scindées.
La
vieille noblesse d'épée ayant disparu, il n'est plus que
des nobles de fraîche date, ayant largement usé de la "savonnette
à vilain", par l'achat de charges.
A
côté de ces familles récemment ennoblies, la bourgeoisie
mézoise étend la solidité de ses attaches terriennes,
attendant elle aussi de pouvoir acheter une charge, le grand rêve
bourgeois. Apre au gain, jalouse de ses privilèges, elle sait
défendre ses intérêts et ses préséances,
d'autant plus qu'elle se sent menacée par une bourgeoisie de
commerce, qui peu à peu va prendre la primauté.
Car
si le sort de cette classe moyenne s'améliore largement au cours
du siècle, il n'en va pas de même pour le bas peuple, les
pêcheurs, les journaliers, les ouvriers, dont la vie demeure fort
misérable. Ils connurent d'effroyables périodes de disette.
En
1712, 50 familles mourraient de faim.
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Le
château de Mèze, appelé aujourd'hui "de
Girard", a été construit à la fin
du XVIIème siècle en dehors des remparts. C'est
la famille Muret qui fait édifier sur une ancienne métairie,
un peu à l'écart de la ville, cette bâtisse
à l'allure de château.
L'architecture
est classique, comme tous les châteaux construits pendant
cette période dans toute la région : escalier
central et pièces voûtées de part et d'autre
ainsi que deux tourelles symétriques.
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La
noblesse, à cette époque-là, était relativement
pauvre. C'est pourquoi les matériaux utilisés sont dits
tout venant.
On
retrouve la trace du château en 1793 ; il appartient alors à
la famille Ronzier.
Puis
en 1847, lors du mariage d'Angéla Ronzier avec Frédéric
de Girard, le château devient la propriété des de
Girard jusqu'à sa vente en 1995 à la ville de Mèze.
Origine
des traditions
Le
jeu de ballon, les boules et les joutes étaient les grandes distractions.
C'était
la jeunesse qui organisait les fêtes. Elle se réunissait
en assemblée en présence des consuls et le conseil politique
couvrait les frais des réjouissances : courses à pied,
sur des ânes, au " capelet ". Ce dernier jeu consistait
à aller arracher un chapeau, au bout d'un mât soigneusement
suifé et placé au ras de l'eau.
Elle
organisait aussi les joutes, en accord avec l'Amirauté d'Agde,
qui y envoyait un lieutenant. Car le jeu était passionné,
les bagarres fréquentes. On cite parmi les grands jouteurs du
XVIIIème, Boutres dit la Buffo, Bello dit Pico à l'Esco,
Molinier dit lou Bandat, car en vertu d'une vieille habitude latine,
chacun avait alors son surnom.
Dans
ces fêtes dansaient le Boeuf et le Chevalet. A dire le vrai, nous
ne savons que peu de leur histoire.
Le
Boeuf s'apparente à ces animaux fabuleux : Loup de Loupian, Poulain
de Pézenas, Chameau de Béziers et surtout Tarasque de
Tarascon, dont fourmille notre folklore.
Pour
cette raison, il est plus juste de faire remonter les origines du Boeuf
de Mèze au XIVème siècle,en dépit de la
légende qui voit la naissance de notre animal totémique
en l'an 59 de notre ère.
Téléchargez
une légende du boeuf (8ko)
Le
Chevalet de Mèze ne paraît point à l'encontre du
Boeuf avoir une parenté locale.
L'air
sur lequel il danse date sans aucun doute du XVIIIème siècle,
mais nous ignorons son origine.
Mèze
et la Révolution
Le
11 mars 1789, en application de la lettre de convocation des Etats Généraux,
59 habitants compris sur le rôle des impositions se réunirent
l'après-midi pour voter le cahier de doléances et élire
leurs quatre représentants à l'Assemblée de la
Sénéchaussée. Ce fut le premier acte de la Révolution.
Si l'on considère le petit nombre d'habitants qui avait répondu
à cette convocation, à peine 18%, on peut affirmer que
cela n'avait pas passionné les masses.
La
situation sociale était alors si tendue à Mèze
que la prise de la Bastille passa complètement inaperçue.
On se préoccupait beaucoup plus de l'élection du second
consul que des travaux de l'Assemblée Nationale. Mais le 24 janvier
1790 étaient arrivées à Mèze les décrets
relatifs aux nouvelles municipalités. C'est ainsi que le15 février,
le nouveau collège électoral composé de citoyens
actifs élit un maire, un adjoint, et un Conseil municipal. Le
consulat avait vécu.
Ces
élections marquaient la ligne politique de la ville, ligne qu'elle
allait suivre pendant toute la Révolution, celle d'un conservatisme
éclairé à allure très modérée.
Car
Mèze fut et resta une ville bourgeoise. Toute son évolution,
tout son effort, tendirent non seulement à l'acquisition de richesses,
mais à la prise du pouvoir par une oligarchie tirant titre non
de sa noblesse ou de son ancienneté, mais de sa fortune.
Si
l'on a pris coutume de marquer la Révolution comme un terme et
si la chose est vraie en général, la vie, plus forte que
tous les systèmes historiques s'est continuée, pareille
et selon les mêmes impératifs.
Malgré
les fluctuations politiques et les changements de régime, Mèze
demeurera maître de son destin pour devenir au XIXème siècle
une des places importantes du commerce languedocien.
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Mèze
au XIXème : Le siècle de la tonnellerie
Aux
origines de l'âge d'or
Le
XVIIème siècle avait été pour Mèze
plus qu'une aubaine, une bénédiction, au sein duquel il
faut rechercher les bases du tissu économique mézois au
XIXème.
Durant
cette époque faste où les divinités de la vigne
semblèrent se pencher sur les rives de l'étang de Thau,
Mèze développa trois secteurs de son économie qui
lui assurèrent une renommée rayonnant jusqu'à Versailles
même.
En
1710, le vignoble local irrémédiablement endommagé
est reconstitué par des cépages de Picardant et de Muscat
dont les productions acquièrent une réputation dépassant
les frontières.
La
seconde activité qui faisait la renommée de la ville était
l'élaboration d'un met appelé la "Passerille".
La passerille consistait à faire macérer jusqu'à
Pâques du raisin sec dans de la saumure. Ce raisin figurait comme
dessert à la table du roi à qui la ville en faisait cadeau.
L'activité
viticole mézoise était une véritable source
de profits de part la variété et la qualité
des cépages cultivés. Pourtant, la viticulture
n'était pas la principale activité de la commune
ni même sa principale source de revenu.
Les
distilleries locales, héritières de l'oeuvre des
frères Argand, furent le véritable moteur de la
vie économique mézoise au XVIIIème siècle,
le petit port devenant le port de transit de tous les diocèses
voisins, draînant un trafic de vins et d'alcools très
important.
Toutes
ces productions, outre le fait qu'elles étaient issues
de la vigne, avaient comme point commun d'être destinées
à une clientèle nationale et internationale plus
qu'aux marchés voisins.
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C'est
donc dans le commerce de ces productions à grande échelle
qu'il faut trouver les raisons de l'implantation et du développement
de la tonnellerie à Mèze.
Le
règne de la futaille
Au
XIXème siècle, la vigne rayonne sur la plaine de l'Hérault
; d'où la nécessité de stocker et d'exporter, car
le négoce est prospère dans un marché florissant.
Etroitement
liée à la vigne, une véritable industrie se créee
avec la confection au sein de la ville de tonneaux, foudres et futailles
en tout genre aussi bien pour le marché local, que pour la France
entière et l'étranger.
Ce
ne sont pas moins de trois cents tonneliers répartis
en une vingtaine d'établissements qui, de l'aube au coucher
du soleil, fabriquent, ajustent, dans un vacarme assourdissant,
bordelaises, cocotières, demi-muids...
Le
dynamisme de ce secteur explique l'augmentation de la population
mézoise qui atteint 7000 habitants en 1867.
Négociants
en vins, courtiers, maîtres de chais, distillateurs, charrons,
transporteurs et des centaines de petits métiers apparaissent
dans ce nouvel Eldorado.
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Les
activités traditionnelles
La
situation de Mèze entre la riche vallée de l'Hérault
et le port de Sète, sur le canal du Midi, a largement favorisé
le développement et le trafic de son port.
Mais
à côté du bouillonnement de ses nouvelles industries,
les activités traditionnelles continuent à nourrir bon
nombre de familles.
Vaste
étendue d'eau entre la mer Méditerranée et les
terres, l'étang de Thau, très productif en poissons, coquillages
et crustacés, favorise une activité humaine intense et
la population de pêcheurs reste une composante essentielle de
la démographie mézoise.
Dans
la seconde moitié du XIXème siècle, la
politique ferroviaire inaugurée par Louis-Philippe engage
la région dans une voie qu'elle n'a plus quittée
depuis :
Celle
de la monoculture viticole. Cette activité harassante,
de laquelle dépend l'industrie et le commerce, reste
à la merci des intempéries et peut être
source de prospérité comme de misère.
En
1876, le phylloxéra dévaste la presque totalité
du vignoble. Après une lutte de plus de 20 ans, il sera
reconstitué par des plants américains grâce
aux importants capitaux accumulés pendant la prospérité.
Après la crise, la viticulture ne sera plus un jardinage
de paysans laborieux, mais une monoculture industrielle exigeant
des soins continuels et une main-d'oeuvre abondante.
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Mèze
change de visage (1900-1945)
Devenue
ville de commerce, grâce à des actifs précurseurs,
Mèze rayonne pendant plusieurs décennies sur les rives
de l'étang de Thau.
En
1885, on travaille dans les ateliers de tonnellerie plus de 15 millions
de douelles de chênes de Russie. Puis l'asphyxie viendra et avec
elle la décadence.
La
révolution économique qui a marqué au XXème
siècle le commerce des vins lui a fait peu à peu abandonner
sa traditionnelle destinée et il a fallu pour qu'elle connaisse
une prospérité nouvelle revenir à une industrie
vieille de plus de vingt siècles, et refaire sur le Bassin de
Thau les parcs à huîtres, que de lointains ancêtres
y avaient élevés.
1907
: la révolte des vignerons
En
ce début de XXème siècle la situation viticole
est assez préoccupante.
Dès
1900 certains indices laissent penser que l'on s'oriente vers
une crise grave de surproduction. La viticulture sort de la
catastrophe du phylloxéra qui avait détruit la
presque totalité du vignoble entre 1876 et 1895. A Mèze,
la récolte qui était de 260 000 hectolitres en
1875 tombera à 3 000 en 1880. En 1878 aucune récolte
de vin n'est enregistrée, la vigne a été
entièrement détruite.
C'est
alors qu'une parade est trouvée à ce terrible
fléau : la replantation en vignes américaines
greffées avec des cépages français.
A
partir de 1890, le vignoble est peu à peu reconstitué
et la production vinicole redémarre. Mais les habitudes
prises pendant la période de pénurie (importation
de vins d'Espagne, d'Algérie, de Grèce, fabrication
de vins dits de " fantaisie " à base de raisins
secs importés de Grèce, d'eau, de sucre, de baies
de sureau pour la couleur...) continuent à sévir
et mettent sur le marché des quantités de vins
très importantes qui s'ajoutent à la surproduction
régionale.
L'effondrement
des prix provoque la colère des vignerons qui n'arrivent
pas à écouler leurs récoltes. La crise
atteint son paroxysme en 1907.
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Pour
y faire face, ouvriers, petits exploitants et gros propriétaires
cherchent à unir leurs efforts. Cette union se met en place autour
du vigneron Marcellin Albert qui impose un thème unificateur
: s'il y a surproduction, c'est à cause de la fraude par sucrage
suscitée par les négociants, ces " capitalistes parasitaires
".
Le
mouvement s'intensifie : le 9 juin 1907, 600 000 manifestants sont rassemblés
à Montpellier. Les viticulteurs mézois sont tous présents.
Après
de violentes émeutes qui font plusieurs morts dans les rangs
des vignerons, le gouvernement finit par prendre des mesures et le 29
juin 1907 une loi est votée.
Elle
organise un contrôle de la qualité, réglemente la
circulation des vins et rend obligatoire les déclarations de
récoltes. En outre, elle crée un service central de la
répression des fraudes.
Loin
d'avoir été vains, ces événements de 1907
amorcent l'organisation et la régularisation du marché
vinicole.
De
la Belle Epoque aux années noires
Après
1908, la situation s'améliore nettement et l'économie
mézoise tourne à
nouveau
à plein régime. La pêche, le négoce du vin
et des eaux de vie,
les
distilleries, les tonnelleries et la batellerie restent le point d'orgue
de l'économie locale et Mèze peut maintenir son rang de
grand port de commerce.
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La
Grande Guerre qui éclate en 1914 ne freinera pas l'activité
commerciale de la ville et les vins ne cessent de voyager entre
la France et son empire colonial. Entre 1914 et 1918, le prix
du vin remonte considérablement et les récoltes
n'ont aucune peine à s'écouler vers les tranchées
du Nord de la France. De nombreux émigrés
espagnols
viennent alors pallier à la pénurie de main-d'oeuvre
locale, mobilisée
sur
le front.
Une
période faste qui permet aux viticulteurs de rembourser
les dettes contractées pendant la crise mais qui se soldera
par une effroyable hécatombe. Après l'Armistice,
de nombreux Mézois ne rentreront pas chez eux...
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Le
déclin de la tonnellerie
L'entre-deux
guerres débute pour Mèze dans d'excellentes conditions
et l'activité portuaire reste prospère. Dès 1920
les navires à vapeur remplacent la marine à voile mais
le métier de négociant en vin continue à s'exercer
dans les mêmes conditions.
Mais
la tonnellerie, fleuron de l'industrie mézoise, est déjà
condamnée. Face à la concurrence des futailles de location
qui connaissent alors un essor considérable, à la modernisation
obligée de ses outils de productions et aux taxes supplémentaires
qui renchérissent le prix de la futaille à la sortie du
territoire, la tonnellerie essaye désespérément
de compenser cette inévitable perte de compétitivité
face à la "baricaille" étrangère qui
envahit le marché national.
Les
solutions appliquées, augmentation des rendements et
gel des salaires ne firent que produire des mouvements de grève.
Le coup de grâce fut asséné entre 1925 et
1930. Après avoir été totalement exclue
des circuits ferroviaires, chassée des chais et des caves,
la futaille est débarquée des navires marchands
au profit des bateaux-citernes et autres tankers. L'industrie
du tonneau passe alors à Sète. Au lendemain de
la Seconde Guerre Mondiale,on assiste à la disparition
des derniers tonneliers à Mèze et dans la région.
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Mèze
pendant l'Occupation
Alors
que l'industrie et le commerce local jette ses derniers feux, la France
déclare la guerre à l'Allemagne nazie le 3 septembre 1939.
Au
début de 1940, les Allemands passent à l'offensive. Devant
la poussée des armées germaniques, des milliers de civils
Belges, Hollandais et Français se replient vers le Sud. C'est
ainsi qu'au mois de mai 1940 plusieurs centaines de Belges Wallons arrivent
à Mèze où ils seront recueillis et logés
gratuitement par la population.
A
la suite du débarquement allié en Afrique du Nord, les
Allemands entrent en zone libre en novembre 1942. Mèze est occupée.
En
1943, l' Allemagne instaure le Service du Travail Obligatoire et demande
au gouvernement de Vichy d'envoyer 75 000 français travailler
dans les usines allemandes. Un certain nombre de Mézois partent
donc Outre-Rhin. La totalité des immeubles situés sur
le port est réquisitionnée, les restrictions sont sévères,
les vignes sont minées par crainte d'un débarquement allié.
La ville vit au ralenti.
Le
24 août 1944 le comité de libération présidé
par Henri Bessède occupe la mairie.
Mèze
retrouve enfin la liberté mais ses activités économiques
sont réduites à néant et les restrictions vont
durer encore plusieurs années.
Les
années d'après-guerre voient la disparition des industries
qui avaient permis à Mèze de rayonner depuis un siècle
dans le commerce des vins et des eaux de vie.
Devant
une telle dégradation de la situation économique, l'exode
de la population continue. De plus de 6 000 habitants en 1901, on tombe
à 4 000 habitants en 1946.
Mais
la ville ne tardera pas à retrouver un second souffle qui lui
viendra, encore une fois, des riches eaux du Bassin de Thau.
La
fin d'une époque
A
la fin des années 40, le port de Mèze, hier encore si
bouillonnant, si bruyant et si affairé, est un port qui agonise.
Les
industries, le commerce du vin et la tonnellerie qui avaient fait connaître
au chef-lieu de notre canton une véritable croissance urbaine,
déclinent, victimes du progrès et, surtout, de la concurrence
du grand port voisin, où sont désormais installés
les grands négociants et les armateurs.
Pourtant
des possibilités de reconversion s'offrent à nos cantonaux.
L'exploitation de la bauxite de Villeveyrac et de Loupian s'est intensifiée.
Le minerai est expédié par le port de Mèze. Ce
trafic remplace avantageusement celui du vin.
Le
développement de l'élevage des huîtres et des moules
fournit du travail à bon nombre de Mézois.
Enfin,
l'industrialisation de la partie nord de l'Etang, de Balaruc à
Sète, se développe et offre des possibilités de
travail aux habitants de Mèze.
Et
malgré les avatars de la viticulture, ces nouvelles possibilités
semblent fixer la population de notre canton entre les deux guerres
mondiales.
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