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Mis à jour le 2 décembre 2005

Compilation préparée par Stéphan Fongaro 

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Mèze dans l'Antiquité 

Si l'on observe la plus ancienne carte géographique de la côte languedocienne, on s'aperçoit que dans l'Antiquité une voie maritime protégée par la lagune permettait d'aller d'Arles jusqu'aux étangs du Roussillon.

Cette voie maritime se juxtaposait à la voie Héracléenne construite par les Grecs qui reliait Marseille à l'Espagne.
Parmi les étangs constituant la lagune languedocienne, l'étang de Thau était le plus important.
Dans l'Antiquité, le territoire de Mèze avait un aspect fort différent de son aspect actuel. Il avait frappé le géographe latin Pomponnius Mela qui ledécrit au début de notre ère. Il note que la colline de Mesua est entourée d'eau presque de tous les côtés, si elle n'était rattachée à la terre par une étroite chaussée...

Les premiers habitants de Mèze

Il est fort probable que les Phéniciens se dirigeant vers leurs comptoirs agathois utilisèrent l'abri naturel que leur offrait ce site pour se protéger des tempêtes, de la tramontane et des vents du Nord-Est. Le territoire de Mèze était alors vraisemblablement occupé par des populations Ibères ou Ligures.

C'est sur le site de la chapelle des Pénitents que l'on a retrouvé les premières traces de l'occupation de Mèze par les Phéniciens, probablement dès le VIIIème siècle av. J.-C.
Le nom de Mèze viendrait d'ailleurs du phénicien Mansa qui signifie : endroit élevé d'où s'élève une fumée. Car le site devait être éclairé par un feu à côté de l'actuelle chapelle des Pénitents (on a retrouvé les vestiges d'un important foyer à cet endroit ).
Les Phéniciens, peuple originaire du Proche-Orient, étaient de grands navigateurs et surtout de grands commerçants qui naviguaient sur toute la Méditerranée jusqu'en Espagne où ils venaient chercher l'étain et l'argent.
Sur cette voie maritime, Mèze devint donc très vite un gîte d'étape. Il connut la prospérité grâce à un important trafic et dès le VIème siècle av. J.-C, un port y fut construit.

Mèze, colonie grecque

Après les Phéniciens, ce sont les colons Phocéens ( Grecs d'Asie Mineure), également grands navigateurs et aventuriers qui s'installent sur le site. Ils avaient fondé Marseille en 600 avant JC et très vite ont essaimé tout le long de la côte. Après Ampurias, ils fondèrent Agde, qui devait servir de relais sur la route de l'Espagne.

Mais le site de Mèze se révéla être un lieu de mouillage plus abrité et surtout plus commode d'accès.

Ainsi ce qui n'avait été jusqu'alors qu'un comptoir solidement défendu, se transforme en un habitat définitif. Mèze devint ainsi colonie phocéenne.

Contrairement aux Phéniciens, les Grecs ne font pas que du commerce, mais ajoutent le désir d'une activité locale et la mise en valeur des ressources qu'offrait l'établissement.

La colonie de Mèze fut considérée comme une profitable source de recette en raison de la richesse piscicole de l'etang de Thau (on remarque que tous les mots qui ont trait à la pêche ont des origines grecques ).

 

Ils auraient été les premiers à élever des huîtres, à acclimater la vigne et à exploiter les premières salines.Tandis que les colons d'Ionie et de Marseille s'intallaient à Mèze et y prospéraient, un grand mouvement de population s'est accompli.

Aux populations autochtones ( Ibères ou Ligures ) est venue se surajouter une tribu celtique: les Volques.

Pasteurs, ils sont devenus agriculteurs en se sédentarisant. Une tribu s'installa sur le piémont mézois, mais, navigateurs par exception, ils laissèrent aux Grecs la presqu'île de Mèze.


La conquête romaine

Mais les Phocéens n'allaient pas tarder à faire la connaissance d'un voisin bien plus belliqueux. En 219 av. J.-C, l'audacieuse expédition que les Romains menèrent contre Hannibal en Espagne eut pour notre ville de profondes répercussions. Mèze et l'étang de Thau devinrent l'appui logistique de la campagne espagnole.

Carthage détruite, l'Espagne soumise, l'Orient conquis, la Méditerranée n'est plus qu'une mer romaine et le midi de la Gaule était trop tentateur pour ne pas exciter la convoitise.

En 125 av. J.-C, Marseille demande le secours des Romains contre les déprédations des tribus celtiques. Une occasion pour Rome de gagner butin et territoire. La conquête de la Gaule est commencée, le pays Volque définitivement occupé, et la province de Narbonnaise est fondée.

Mais le Sénat ayant promis de respecter le territoire de Marseille et de ses colonies, la minuscule enclave de Mèze devait rester phocéenne.

Mais les événements ne le voulurent pas. César, en guerre contre Pompée, se vit refuser l'alliance des Massaliotes. Une attitude qui devait leur coûter cher.

Marseille est assiégée, ses colonies soumises et au mois de mai 49 av. J.-C, le territoire de Mèze est entièrement occupé par les Romains.

La construction de la Via Domitia qui relie l'Italie à l'Espagne, par Domitius Ahenobarbus au moment de la conquête de la Narbonnaise, avait facilité l'installation des Romains dans toute la région. Car bien que l'hellénisme des Mézois dut rester longtemps profond, une identité liait maintenant le territoire de Mèze avec son arrière-pays.

Des liens qui allaient encore augmenter quand au 1er siècle de notre ère, l'empereur Claude distribua des terres aux vétérans de ses légions, créant ainsi autour de Mèze les multiples villas romaines dont le territoire est parsemé.

Du 1er au 3ème siècle, durant cette période que l'on appelle Pax Romana ( paix romaine ), Mèze fut une cité riche et prospère. Le port connaissait un trafic intense, les exploitations cultivaient de façon dense la vigne et l'olivier.

Comme les Grecs ont laissé l'empreinte de leur langue dans le vocabulaire de la pêche, les Romains laisseront des traces dans celui de la culture de la vigne.

On cultivait une quarantaine de cépages et on parlait déjà de surproduction : le vin de la région aurait fait concurrence au vin d'Italie...

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Mèze au Moyen-Age

Durant la période des invasions, nous savons peu de chose sur Mèze.

L'occupation de Mèze par les Sarrasins est certaine en raison de leur périmètre d'occupation. Leur présence fut désastreuse pour la ville. En 736, Charles Martel qui en 732 les avait battus à Poitiers, décida de les attaquer à nouveau et de les chasser de Septimanie. Mèze fut rasée, ses remparts abbatus, sa population dispersée, et les terres autrefois cultivées devinrent jachères.

Mais la ville n'était point condamnée. Elle allait au début du IXème siècle, renaître de ses cendres.

Alors que Charlemagne devenait empereur d'un vaste empire, notre région était, nous l'avons dit pour Mèze, dans un état misérable.

A cette époque, des Espagnols étaient venus en France, fuyant la domination des Goths et des Sarrasins. Charlemagne accueillit avec faveur cette population active et travailleuse. Pour les fixer, il leur distribua des terres en Septimanie.

Charlemagne avait un double but : économique, en repeuplant le pays dévasté et en reconstituant la richesse agraire, et politique, en formant une milice locale capable d'arrêter toute incursion arabe.

Le renouveau du IXème siècle

C'est ainsi qu'en 844, dans le cadre du nouveau système féodal qui se met en place à cette époque, une famille espagnole reçoit, de la part de Charles le Chauve, la totalité de Mèze, à savoir le castrum, qui comprenait la partie de la ville groupée aux alentours de l'église Saint-Pierre (actuelle chapelle des Pénitents) et le castrum de la Tour (actuelle église Saint-Hilaire).

Leur deux fils, Arrius et Ayxomus,se partageront la seigneurie de Mèze. Une séparation qui continuera pendant tout le Moyen-Age et jusqu'à la croisade des Albigeois.

Mèze et la croisade des Albigeois

Au XIIème siècle, la seigneurie de Mèze était rattachée à la Vicomté de Carcassonne-Béziers, dirigée par la puissante famille de Trencavel. Afin d'en finir avec les cathares du Languedoc, les gardiens de la foi catholique encouragèrent des expéditions armées contre ces hérétiques du Midi qui mettaient en péril l'unité de l'Eglise.

La horde des barons du Nord, dirigée par Simon de Montfort, attiré par la richesse et la vie polie du Languedoc,se répandit sur la région, sous le signe de la foi. Les barons méridionaux, empêtrés dans leurs querelles internes, furent incapables de faire un front uni face à l'offensive des croisés.

Mèze fut pris le 29 juillet 1209 et sa seigneurie lui fut confisquée au profit de l'evêque d'Agde qui devient le seigneur dominant de l'ensemble de Mèze.

Par le traité de Paris qui mit fin officiellement à la guerre en 1229, Mèze rentra définitivement dans l'escarcelle du royaume de France.

Mais la croisade des Albigeois a profondément modifié la vie politique de Mèze. Les seigneurs ne résident plus, le château n'est plus habité, deux siècles plus tard il sera en ruines. Les seigneurs ne sont plus représentés que par des officiers souvent sans compréhension. Le peuple va se détacher d'eux et un esprit d'émancipation ne va pas tarder à s'affirmer.

Portrait de Mèze au XIVème siècle

La première moitié du XIVème siècle fut pour Mèze une période d'émancipation et d'organisation.

La communauté trouve peu à peu sa place légitime dans l'administration de la ville. Par des compromis avec les cités voisines, elle fixe définitivement ses limites.

La suzeraineté de l'évêque d'Agde, son pouvoir de seigneur direct s'estompe et Mèze peut penser son destin.

Sans qu'il soit possible de fixer la date exacte de leur création, Mèze était dirigée à cette époque par des consuls et un conseil général de la communauté, qui prenaient des décisions sous le contrôle de l'évêque. Ce dernier était représenté par un bayle (bailli), à la fois régisseur, agent financier et contrôleur.

Mais à la tête de la communauté, les consuls formaient une véritable aristocratie urbaine appartenant à la bourgeoisie et à ses alliés, les artisans aisés.

Au XIVème siècle, on peut voir Mèze enserrée dans ses remparts, avec ses deux églises et ses petites rues étroites qui séparaient les maisons hautes et enchevêtrées.

L'eau qui était rare, était puisée au puits commun; les fumiers s'amoncelaient dans les fossés. Ils ajoutaient pestilence à celle de l'eau jaunâtre et à l'endémique saleté des rues.

La vie économique se concentrait en deux pôles, l'agriculture et la pêche, sans notable commerce et sans grands échanges. Le port lui-même était en sommeil.

 

Les agriculteurs, libérés du servage, tiraient leurs ressources de la vigne et de l'olivier.

Ils cultivaient peu de céréales, celles nécessaires à l'alimentation locale et élevaient, non sans difficultés un cheptel pauvre. La pêche était toujours la principale ressource des habitants, ainsi que la chasse aux oiseaux d'eau nombreux dans les marais.

Vers le milieu du siècle, Mèze ne fut pas épargnée par les calamités qui s'abattaient alors dans tout le royaume.

La grande peste de 1347 fut sévère, tout comme celle de 1383 qui dura quatorze mois et fit succomber tous les adolescents de moins de vingt ans. D'effroyables disettes suivaient ces épidémies dévastatrices.

Les courses des routiers (soldats errants) et les ruines de la Guerre de Cent ans semèrent d'autres malheurs dans la communauté mézoise, très diminuée à la fin du siècle.

Mais le calme revenu allait permettre à la ville de panser ses blessures et de continuer à lutter pour sa vie.

 

 

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Mèze aux temps des guerres de religions

Eloigné du centre parisien du pouvoir, le Languedoc était une province particulièrement fertile pour la nouvelle religion protestante. Dès les années 1560-1562, la violence civile, marquée par des massacres populaires, éclata un peu partout dans la région. Aux atrocités commises par les catholiques répondent celles perpétrées par les huguenots.

Malgré les persécutions, les protestants, qui comptent dans leurs rangs d'influents partisans parmi les grands seigneurs, s'organisent et gagnent du terrain.

La guerre civile devient inévitable.

Le temps des troubles

Mèze avait choisi de rester fidèle au roi, et était restée catholique.

 

Au mois de mars 1562, la guerre enflamme tout le royaume. Le prince Louis de Condé soulève les protestants du Bas-Languedoc, qui prennent les armes.

Mèze, qui gêne ses communications avec la ville protestante de Nîmes,est assiégée à la fin de mai 1562 par le général Beaudiné et son cruel lieutenant, le capitaine Grille.

Le 3 septembre, ce dernier se rendit maître de la ville.Cinquante soldats furent passés au fil de l'épée et la population dut payer une très forte rançon, moyennant quoi le capitaine Grille s'en alla, non sans avoir saccagé le château de l'évêque, la chapelle Saint-Pierre et l'église Saint-Hilaire.

Huit ans plus tard, le 26 mars 1570, l'armée protestante se présente à nouveau sous les remparts de la ville. Après deux jours de violents assauts, sans cesse repoussés par la resistance acharnée des habitants , les assaillants se retirèrent contre le paiement d'une indemnité de 1500 livres.

Durant les deux décennies qui suivirent, Mèze subit d'autres assauts, ainsi que les calamités qui accompagnent inévitablement le passage des gens de guerre : épidémies, brigandages, réquisitions, impositions, hébergement de troupes, récoltes détruites...

A l'aube du XVIIème siècle, Henri IV est enfin parvenu à imposer la paix dans le pays.

L'Edit de Nantes a ramené le calme dans les provinces.

Si Mèze sort économiquement ruinée et materiellement dévastée par ces quatre décennies de troubles, l'autonomie communale en sortira renforcée et la ville va vivre sans trouble le Grand Siècle et connaître une vie économique prospère.

Les pénitents blancs de Mèze

A la suite de l'implantation de la Réforme en Languedoc, vers 1560, et des guerres de religions qui ont si durement marqué le pays, les catholiques se sont repris et, dans leur action revivifiante, ils ont mis en place des confréries de pénitence allant dans le sens de la réparation, de la lutte contre le pêché qui est en soi, idées chères à la Contre-Réforme.

Coiffés de cagoules et vêtus de robes blanches, ces confréries de laïques dévots se caractérisaient par leurs exhibitions publiques spectaculaires en procession, une piété mystique proche d'un catholicisme à l'italienne ou à l'espagnole. Ce qui n'excluait pas des actions de charité et une aide morale et materielle efficace envers les plus démunis.

Les premiers frères mézois se lancent dans cette aventure spirituelle sur un coup d'audace, en faisant confiance à la Providence et en misant sur l'avenir de leur mouvement.

Le 1er avril 1588, Guillaume de Cesses est le premier à être reçu dans la confrérie par le prieur de Marseillan, et bientôt deux autres confrères le rejoignent. Ils seront sept en 1589, 13 en 1598.

Le succés de l'entreprise est tel que se pose très vite le problème de trouver un lieu de culte fixe susceptible d'accueillir un nombre toujours croissant de frères.

Ces derniers se réunissent chez eux mais en 1590, ils demandent à l'évêque d'Agde l'autorisation d'utiliser la chapelle du château (église Saint-Pierre), alors à l'abandon et servant de tripot et de refuge pour les pourceaux.

L'évêque accède à leur demande en 1602 et accorde aux confrères la concession de la chapelle, qu'ils ont l'obligation de remettre en état.

Cependant, la confrérie était autonome. A la demande des confrères, elle fut agrégée en 1609 à l'archiconfrérie des Gonfalonniers de Rome, s'inscrivant ainsi, comme nombre d'autres, dans un vaste courant, dont le réseau constitue une association d'envergure internationale, en Europe et hors d'Europe.

Au cours de leur trois siècles d'existence, les Pénitents blancs de Mèze marqueront la vie sociale et religieuse de la communauté mézoise.

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L'essor de Mèze du Grand Siècle à la Révolution

En ce début de XVIIème siècle, la paix rétablie par Henri IV va permettre la renaissance communale. Alors que s'amorce une ère de prospérité , une nouvelle guerre en Languedoc va une fois de plus remettre la ville en péril. Non pas une neuvième guerre de Religion, mais une offensive menée dans les années 1620 par l'Etat de Louis XIII contre la féodalité protestante dans les provinces du Sud où les huguenots sont nombreux, agressifs et organisés.

Mèze, pivot du système général de défense des armées royales, dut souffrir de longues années la présence des compagnies de soldats.

Le refroidissement du climat qui s'affirme à cette époque et la grande peste de 1630 continue de décimer la population qui ne compte plus que 1500 habitants en 1647.

Mais Mèze, en raison de son port et du commerce important qui s'y faisait, n'allait pas tarder à reprendre son rang dans le diocèse d'Agde, et établir son destin de cité marchande et industrielle.

La vie économique

Tout en tenant compte des crises économiques générales, on peut affirmer que Mèze au XVIIème et XVIIIème siècles, connut une vie économique prospère.

Sa destination portuaire, qui s'était marquée dès sa naissance, sa vocation de péage et de transit, la dirigèrent peu à peu vers le grand commerce dont la fin du XIXème siècle verra le complet épanouissement.

L'économie de Mèze est d'ailleurs ordonnée et complète.

Une agriculture suffisante, le commerce toujours en expansion des vins et des eaux de vie, viennent s'ajouter aux ressources locales de la pêche.

La tonnellerie, la distillerie, la batellerie vont de plus en plus absorber une main-d'oeuvre locale, mais encore d'immigration.

La fabrication de l'eau de vie était l'activité principale de Mèze.

Cette industrie fut profondément modifiée par l'arrivée, à la veille de la Révolution, de deux Genévois, les frères Argand, qui implantèrent à Mèze leur distillerie.

 

Excellents physiciens et chimistes habiles, ils amenèrent la méthode de distillation des vins à son plus haut degré de perfectionnement.

Mais sous la pression des distillateurs de Sète et en l'absence de soutien de la part des consuls de Mèze,qui ne discernèrent pas l'importance de cette industrie pour la communauté, ils ne purent jamais obtenir le privilège d'exclusivité. Ruinés, ils furent obligés de vendre à bas prix leur usine et durent quitter la France en 1792.

C'est à ces grands méconnus que Mèze doit non seulement son importance économique au cours du XIXème siècle, en ce qui concerne le domaine des alcools, mais encore l'extension de la tonnellerie qui occupera moins d'un siècle plus tard 1200 ouvriers.

C'est à eux qu'est due l'étonnante prosperité de Mèze au XIXème siècle.

La vie privée des Mézois au XVIIIème siècle

Au XVIIIème siècle, les classes sociales sont à Mèze fortement scindées.

La vieille noblesse d'épée ayant disparu, il n'est plus que des nobles de fraîche date, ayant largement usé de la "savonnette à vilain", par l'achat de charges.

A côté de ces familles récemment ennoblies, la bourgeoisie mézoise étend la solidité de ses attaches terriennes, attendant elle aussi de pouvoir acheter une charge, le grand rêve bourgeois. Apre au gain, jalouse de ses privilèges, elle sait défendre ses intérêts et ses préséances, d'autant plus qu'elle se sent menacée par une bourgeoisie de commerce, qui peu à peu va prendre la primauté.

Car si le sort de cette classe moyenne s'améliore largement au cours du siècle, il n'en va pas de même pour le bas peuple, les pêcheurs, les journaliers, les ouvriers, dont la vie demeure fort misérable. Ils connurent d'effroyables périodes de disette.

En 1712, 50 familles mourraient de faim.

Le château de Mèze, appelé aujourd'hui "de Girard", a été construit à la fin du XVIIème siècle en dehors des remparts. C'est la famille Muret qui fait édifier sur une ancienne métairie, un peu à l'écart de la ville, cette bâtisse à l'allure de château.

L'architecture est classique, comme tous les châteaux construits pendant cette période dans toute la région : escalier central et pièces voûtées de part et d'autre ainsi que deux tourelles symétriques.

 

La noblesse, à cette époque-là, était relativement pauvre. C'est pourquoi les matériaux utilisés sont dits tout venant.

On retrouve la trace du château en 1793 ; il appartient alors à la famille Ronzier.

Puis en 1847, lors du mariage d'Angéla Ronzier avec Frédéric de Girard, le château devient la propriété des de Girard jusqu'à sa vente en 1995 à la ville de Mèze.

Origine des traditions

Le jeu de ballon, les boules et les joutes étaient les grandes distractions.

C'était la jeunesse qui organisait les fêtes. Elle se réunissait en assemblée en présence des consuls et le conseil politique couvrait les frais des réjouissances : courses à pied, sur des ânes, au " capelet ". Ce dernier jeu consistait à aller arracher un chapeau, au bout d'un mât soigneusement suifé et placé au ras de l'eau.

Elle organisait aussi les joutes, en accord avec l'Amirauté d'Agde, qui y envoyait un lieutenant. Car le jeu était passionné, les bagarres fréquentes. On cite parmi les grands jouteurs du XVIIIème, Boutres dit la Buffo, Bello dit Pico à l'Esco, Molinier dit lou Bandat, car en vertu d'une vieille habitude latine, chacun avait alors son surnom.

Dans ces fêtes dansaient le Boeuf et le Chevalet. A dire le vrai, nous ne savons que peu de leur histoire.

Le Boeuf s'apparente à ces animaux fabuleux : Loup de Loupian, Poulain de Pézenas, Chameau de Béziers et surtout Tarasque de Tarascon, dont fourmille notre folklore.

Pour cette raison, il est plus juste de faire remonter les origines du Boeuf de Mèze au XIVème siècle,en dépit de la légende qui voit la naissance de notre animal totémique en l'an 59 de notre ère.

Téléchargez une légende du boeuf (8ko)

Le Chevalet de Mèze ne paraît point à l'encontre du Boeuf avoir une parenté locale.

L'air sur lequel il danse date sans aucun doute du XVIIIème siècle, mais nous ignorons son origine.

Mèze et la Révolution

Le 11 mars 1789, en application de la lettre de convocation des Etats Généraux, 59 habitants compris sur le rôle des impositions se réunirent l'après-midi pour voter le cahier de doléances et élire leurs quatre représentants à l'Assemblée de la Sénéchaussée. Ce fut le premier acte de la Révolution. Si l'on considère le petit nombre d'habitants qui avait répondu à cette convocation, à peine 18%, on peut affirmer que cela n'avait pas passionné les masses.

La situation sociale était alors si tendue à Mèze que la prise de la Bastille passa complètement inaperçue. On se préoccupait beaucoup plus de l'élection du second consul que des travaux de l'Assemblée Nationale. Mais le 24 janvier 1790 étaient arrivées à Mèze les décrets relatifs aux nouvelles municipalités. C'est ainsi que le15 février, le nouveau collège électoral composé de citoyens actifs élit un maire, un adjoint, et un Conseil municipal. Le consulat avait vécu.

Ces élections marquaient la ligne politique de la ville, ligne qu'elle allait suivre pendant toute la Révolution, celle d'un conservatisme éclairé à allure très modérée.

Car Mèze fut et resta une ville bourgeoise. Toute son évolution, tout son effort, tendirent non seulement à l'acquisition de richesses, mais à la prise du pouvoir par une oligarchie tirant titre non de sa noblesse ou de son ancienneté, mais de sa fortune.

Si l'on a pris coutume de marquer la Révolution comme un terme et si la chose est vraie en général, la vie, plus forte que tous les systèmes historiques s'est continuée, pareille et selon les mêmes impératifs.

Malgré les fluctuations politiques et les changements de régime, Mèze demeurera maître de son destin pour devenir au XIXème siècle une des places importantes du commerce languedocien.

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Mèze au XIXème : Le siècle de la tonnellerie

Aux origines de l'âge d'or

Le XVIIème siècle avait été pour Mèze plus qu'une aubaine, une bénédiction, au sein duquel il faut rechercher les bases du tissu économique mézois au XIXème.

Durant cette époque faste où les divinités de la vigne semblèrent se pencher sur les rives de l'étang de Thau, Mèze développa trois secteurs de son économie qui lui assurèrent une renommée rayonnant jusqu'à Versailles même.

En 1710, le vignoble local irrémédiablement endommagé est reconstitué par des cépages de Picardant et de Muscat dont les productions acquièrent une réputation dépassant les frontières.

La seconde activité qui faisait la renommée de la ville était l'élaboration d'un met appelé la "Passerille". La passerille consistait à faire macérer jusqu'à Pâques du raisin sec dans de la saumure. Ce raisin figurait comme dessert à la table du roi à qui la ville en faisait cadeau.

L'activité viticole mézoise était une véritable source de profits de part la variété et la qualité des cépages cultivés. Pourtant, la viticulture n'était pas la principale activité de la commune ni même sa principale source de revenu.

Les distilleries locales, héritières de l'oeuvre des frères Argand, furent le véritable moteur de la vie économique mézoise au XVIIIème siècle, le petit port devenant le port de transit de tous les diocèses voisins, draînant un trafic de vins et d'alcools très important.

Toutes ces productions, outre le fait qu'elles étaient issues de la vigne, avaient comme point commun d'être destinées à une clientèle nationale et internationale plus qu'aux marchés voisins.

 

C'est donc dans le commerce de ces productions à grande échelle qu'il faut trouver les raisons de l'implantation et du développement de la tonnellerie à Mèze.

Le règne de la futaille

Au XIXème siècle, la vigne rayonne sur la plaine de l'Hérault ; d'où la nécessité de stocker et d'exporter, car le négoce est prospère dans un marché florissant.

Etroitement liée à la vigne, une véritable industrie se créee avec la confection au sein de la ville de tonneaux, foudres et futailles en tout genre aussi bien pour le marché local, que pour la France entière et l'étranger.

Ce ne sont pas moins de trois cents tonneliers répartis en une vingtaine d'établissements qui, de l'aube au coucher du soleil, fabriquent, ajustent, dans un vacarme assourdissant, bordelaises, cocotières, demi-muids...

Le dynamisme de ce secteur explique l'augmentation de la population mézoise qui atteint 7000 habitants en 1867.

Négociants en vins, courtiers, maîtres de chais, distillateurs, charrons, transporteurs et des centaines de petits métiers apparaissent dans ce nouvel Eldorado.

 

 

Les activités traditionnelles

La situation de Mèze entre la riche vallée de l'Hérault et le port de Sète, sur le canal du Midi, a largement favorisé le développement et le trafic de son port.

Mais à côté du bouillonnement de ses nouvelles industries, les activités traditionnelles continuent à nourrir bon nombre de familles.

Vaste étendue d'eau entre la mer Méditerranée et les terres, l'étang de Thau, très productif en poissons, coquillages et crustacés, favorise une activité humaine intense et la population de pêcheurs reste une composante essentielle de la démographie mézoise.

Dans la seconde moitié du XIXème siècle, la politique ferroviaire inaugurée par Louis-Philippe engage la région dans une voie qu'elle n'a plus quittée depuis :

Celle de la monoculture viticole. Cette activité harassante, de laquelle dépend l'industrie et le commerce, reste à la merci des intempéries et peut être source de prospérité comme de misère.

En 1876, le phylloxéra dévaste la presque totalité du vignoble. Après une lutte de plus de 20 ans, il sera reconstitué par des plants américains grâce aux importants capitaux accumulés pendant la prospérité. Après la crise, la viticulture ne sera plus un jardinage de paysans laborieux, mais une monoculture industrielle exigeant des soins continuels et une main-d'oeuvre abondante.

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Mèze change de visage (1900-1945)

Devenue ville de commerce, grâce à des actifs précurseurs, Mèze rayonne pendant plusieurs décennies sur les rives de l'étang de Thau.

En 1885, on travaille dans les ateliers de tonnellerie plus de 15 millions de douelles de chênes de Russie. Puis l'asphyxie viendra et avec elle la décadence.

La révolution économique qui a marqué au XXème siècle le commerce des vins lui a fait peu à peu abandonner sa traditionnelle destinée et il a fallu pour qu'elle connaisse une prospérité nouvelle revenir à une industrie vieille de plus de vingt siècles, et refaire sur le Bassin de Thau les parcs à huîtres, que de lointains ancêtres y avaient élevés.

1907 : la révolte des vignerons

En ce début de XXème siècle la situation viticole est assez préoccupante.

Dès 1900 certains indices laissent penser que l'on s'oriente vers une crise grave de surproduction. La viticulture sort de la catastrophe du phylloxéra qui avait détruit la presque totalité du vignoble entre 1876 et 1895. A Mèze, la récolte qui était de 260 000 hectolitres en 1875 tombera à 3 000 en 1880. En 1878 aucune récolte de vin n'est enregistrée, la vigne a été entièrement détruite.

C'est alors qu'une parade est trouvée à ce terrible fléau : la replantation en vignes américaines greffées avec des cépages français.

A partir de 1890, le vignoble est peu à peu reconstitué et la production vinicole redémarre. Mais les habitudes prises pendant la période de pénurie (importation de vins d'Espagne, d'Algérie, de Grèce, fabrication de vins dits de " fantaisie " à base de raisins secs importés de Grèce, d'eau, de sucre, de baies de sureau pour la couleur...) continuent à sévir et mettent sur le marché des quantités de vins très importantes qui s'ajoutent à la surproduction régionale.

L'effondrement des prix provoque la colère des vignerons qui n'arrivent pas à écouler leurs récoltes. La crise atteint son paroxysme en 1907.

 

Pour y faire face, ouvriers, petits exploitants et gros propriétaires cherchent à unir leurs efforts. Cette union se met en place autour du vigneron Marcellin Albert qui impose un thème unificateur : s'il y a surproduction, c'est à cause de la fraude par sucrage suscitée par les négociants, ces " capitalistes parasitaires ".

Le mouvement s'intensifie : le 9 juin 1907, 600 000 manifestants sont rassemblés à Montpellier. Les viticulteurs mézois sont tous présents.

Après de violentes émeutes qui font plusieurs morts dans les rangs des vignerons, le gouvernement finit par prendre des mesures et le 29 juin 1907 une loi est votée.

Elle organise un contrôle de la qualité, réglemente la circulation des vins et rend obligatoire les déclarations de récoltes. En outre, elle crée un service central de la répression des fraudes.

Loin d'avoir été vains, ces événements de 1907 amorcent l'organisation et la régularisation du marché vinicole.

De la Belle Epoque aux années noires

Après 1908, la situation s'améliore nettement et l'économie mézoise tourne à

nouveau à plein régime. La pêche, le négoce du vin et des eaux de vie,

les distilleries, les tonnelleries et la batellerie restent le point d'orgue de l'économie locale et Mèze peut maintenir son rang de grand port de commerce.

La Grande Guerre qui éclate en 1914 ne freinera pas l'activité commerciale de la ville et les vins ne cessent de voyager entre la France et son empire colonial. Entre 1914 et 1918, le prix du vin remonte considérablement et les récoltes n'ont aucune peine à s'écouler vers les tranchées du Nord de la France. De nombreux émigrés

espagnols viennent alors pallier à la pénurie de main-d'oeuvre locale, mobilisée

sur le front.

Une période faste qui permet aux viticulteurs de rembourser les dettes contractées pendant la crise mais qui se soldera par une effroyable hécatombe. Après l'Armistice, de nombreux Mézois ne rentreront pas chez eux...

Le déclin de la tonnellerie 

L'entre-deux guerres débute pour Mèze dans d'excellentes conditions et l'activité portuaire reste prospère. Dès 1920 les navires à vapeur remplacent la marine à voile mais le métier de négociant en vin continue à s'exercer dans les mêmes conditions.

Mais la tonnellerie, fleuron de l'industrie mézoise, est déjà condamnée. Face à la concurrence des futailles de location qui connaissent alors un essor considérable, à la modernisation obligée de ses outils de productions et aux taxes supplémentaires qui renchérissent le prix de la futaille à la sortie du territoire, la tonnellerie essaye désespérément de compenser cette inévitable perte de compétitivité face à la "baricaille" étrangère qui envahit le marché national.

Les solutions appliquées, augmentation des rendements et gel des salaires ne firent que produire des mouvements de grève. Le coup de grâce fut asséné entre 1925 et 1930. Après avoir été totalement exclue des circuits ferroviaires, chassée des chais et des caves, la futaille est débarquée des navires marchands au profit des bateaux-citernes et autres tankers. L'industrie du tonneau passe alors à Sète. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale,on assiste à la disparition des derniers tonneliers à Mèze et dans la région.

Mèze pendant l'Occupation

Alors que l'industrie et le commerce local jette ses derniers feux, la France déclare la guerre à l'Allemagne nazie le 3 septembre 1939.

Au début de 1940, les Allemands passent à l'offensive. Devant la poussée des armées germaniques, des milliers de civils Belges, Hollandais et Français se replient vers le Sud. C'est ainsi qu'au mois de mai 1940 plusieurs centaines de Belges Wallons arrivent à Mèze où ils seront recueillis et logés gratuitement par la population.

 

A la suite du débarquement allié en Afrique du Nord, les Allemands entrent en zone libre en novembre 1942. Mèze est occupée.

En 1943, l' Allemagne instaure le Service du Travail Obligatoire et demande au gouvernement de Vichy d'envoyer 75 000 français travailler dans les usines allemandes. Un certain nombre de Mézois partent donc Outre-Rhin. La totalité des immeubles situés sur le port est réquisitionnée, les restrictions sont sévères, les vignes sont minées par crainte d'un débarquement allié. La ville vit au ralenti.

Le 24 août 1944 le comité de libération présidé par Henri Bessède occupe la mairie.

Mèze retrouve enfin la liberté mais ses activités économiques sont réduites à néant et les restrictions vont durer encore plusieurs années.

Les années d'après-guerre voient la disparition des industries qui avaient permis à Mèze de rayonner depuis un siècle dans le commerce des vins et des eaux de vie.

Devant une telle dégradation de la situation économique, l'exode de la population continue. De plus de 6 000 habitants en 1901, on tombe à 4 000 habitants en 1946.

Mais la ville ne tardera pas à retrouver un second souffle qui lui viendra, encore une fois, des riches eaux du Bassin de Thau.

La fin d'une époque

A la fin des années 40, le port de Mèze, hier encore si bouillonnant, si bruyant et si affairé, est un port qui agonise.

Les industries, le commerce du vin et la tonnellerie qui avaient fait connaître au chef-lieu de notre canton une véritable croissance urbaine, déclinent, victimes du progrès et, surtout, de la concurrence du grand port voisin, où sont désormais installés les grands négociants et les armateurs.

Pourtant des possibilités de reconversion s'offrent à nos cantonaux. L'exploitation de la bauxite de Villeveyrac et de Loupian s'est intensifiée. Le minerai est expédié par le port de Mèze. Ce trafic remplace avantageusement celui du vin.

Le développement de l'élevage des huîtres et des moules fournit du travail à bon nombre de Mézois.

Enfin, l'industrialisation de la partie nord de l'Etang, de Balaruc à Sète, se développe et offre des possibilités de travail aux habitants de Mèze.

Et malgré les avatars de la viticulture, ces nouvelles possibilités semblent fixer la population de notre canton entre les deux guerres mondiales.

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