PATRICK BACHS & HERNAN TORRES
"Territoires éclatés"
Chai de Girard, rue Sadi Carnot - De 10 à 12h et de 15 à 19h - Fermeture le lundi
Vernissage le vendredi 1er juillet à 19h
Expo : du 2 juillet au 30 août
Entrée libre
Exposition de peintures de PATRICK BACHS et du sculpteur HERNAN TORRES
PATRICK BACHS
Les peintures de Patrick Bachs explorent des territoires désertiques dans lesquels des personnages errent et nous interrogent : que font-ils là ? où vont-ils ? et comment sont-ils arrivés là ? Perdus, absurdes, ils semblent se retrouver dans ces situations improbables malgré eux, victimes malheureuses d’une erreur d’aiguillage.
Comme chez la plupart des explorateurs de l’absurde, l’humour survit à l’aridité du décor. Passant du burlesque au grinçant, on ne sait jamais trop s’il se contente de rendre les personnages plus humains, plus touchants ou si ses piques viennent s’ajouter à celles d’un soleil déjà brûlant.
Né en 1963, formé à l’Ecole des Beaux-arts de Lyon de 1979 à 1987, Patrick Bachs vit et travaille à Lyon. Il a exposé régulièrement ses œuvres à la galerie Chomarat. Influencé par la peinture espagnole, son œuvre peint une humanité burlesque et poétique.
Il y a d’abord chez Patrick BACHS, une certaine idée matérialisée d’une conception particulière du monde, peindre dans le même temps : le moment poétique, le ridicule du Notable, la violence « domptée » ; n’est pas chose aisée et pourtant…Il n’empêche que dans cette quête d’une réalité restituée par sa propre vision, Patrick BACHS sait nous offrir l’œuvre peinte où il fait bon voyager.
Parfois « surréalisme réinventé », parfois « caricatural », un monde à part réservé à BACHS se promène dans les couleurs.
Couleurs d’une péninsule tout en bas de l’Europe, faites de rouges sang, d’ocres de terre violente et ensoleillée, matières généreuses qui apportent quelque soit le sujet traité, une envie jubilatoire de regarder devant ces aplats, des moments d’humour ou de gravités projetés dans une ambiance teintée d’Andalousie.
De l’espace pigmenté considéré, s’échappent des objets, des monuments traités dans l’ironie, la dérision, le déséquilibre.
Se présentent aussi d’étranges personnages : ubuesques dans leur monstration du grotesque, émouvants quand ils témoignent de la tristesse ou du rire, Elysabétens lorsque BACHS entre dans la vision conceptuelle de sa propre théâtralité.
Regarder l’œuvre peintre de BACHS, c’est accepter de déambuler dans un monde dénoncé comme difficile à vivre, difficile à scruter, mais dans le même temps, c’est aussi prendre du vrai soleil en devinant le chant d’une guitare…
Mais là, il faut savoir « entendre » la peinture de BACHS.
Ange-Marie TÉODORI
HERNAN TORRES
Né à Santiago du Chili en 1951, Hernan quitte son pays en 1974.
C’est sur d’autres terres d’Amérique Latine qu’il passe les quatre premières années de son exil.
Il traverse d’autres cultures, et c’est à cette période qu’émergent ses premières questions sur les différents systèmes de représentations.
Il arrive en France en 1977, s’installe à Paris, où il étudie philosophie et psychologie. Là, il approfondit sa réflexion sur l’activité artistique et c’est à cette période qu’il choisit le bronze.
Depuis 1984, Hernan vit à Sète où il a installé son atelier- fonderie.
C’est là qu’il modèle les cires, qu’il assemble cordes et galets, plumes, terres et joncs tressés. Puis vient son jeu avec le métal en fusion : c’est la part du feu.
Enfin, le bronze vient ciseler l’espace de sa force ; les métaux revendiquent l’intimité nerveuse d’un vitalisme ludique.
Dans son univers sculptural, Hernan ouvre des fêlures ; il propose des passages, des éclats de mythologies.
Il compose une cartographie imprégnée de ses territoires vécus.
Les sculptures d’Hernan Torres, on les connaissait en bronze.
Aujourd’hui, le sculpteur associe un nouvel alliage : bronze - aluminium.
Ce métal à l’argenté lunaire vient se déplier autour du bronze, un peu à la manière d’une éclipse.
Comme métal maritime, l’alu vient dans sa légèreté affirmer la présence souterraine de nos architectures profondes.
A la fois cheminements et lieux, les éléments se dévoilent comme signes. Les métaux dessinent des parcours et leurs ruptures en soulignent les rythmes ; sur les pavés mosaïque s’inscrivent nos chemins en diagonale.
Parfois, le regard ou la main rencontre des galets, morceaux de temps suspendus par les fils invisibles de nos imaginaires.
L’enfance est là, dans les pliages de papier, bateaux ou avions jetés à l’eau ou aux nuages ; les toupies tournent encore.
Les parcours se font machines archaïques. Les corps, dévisagés dans leur intimité nerveuse, défient cette organisation. Leurs torsions s’étirent dans la trace des cordes déroulées ou enroulées, extérieures ou intérieures, soulignant à la fois l’espace et le temps.
Installé en équilibre sur les plates-formes théâtrales de cet univers onirique, circule un homme à tête de cheval. Il est un parmi d’autres. Il danse sur nos histoires d’attente et d’espoir. Ses mouvements sont illusion de narration ; ils sont l’effleurement de l’autre, ici ou ailleurs.
Mèze lieu de rencontre, de dialogue entre un sculpteur Hernan TORRÈS d’origine chilienne vivant à Sète, et Patrick BACHS peintre français d’origine catalane vivant à Lyon.
Ces territoires éclatés se retrouvent dans le creuset commun de nos cultures ibériques, latines, indiennes.
La pertinence et la puissance de leurs travaux, la fusion du bronze pour Hernan TORRÈS bien connu sur le bassin de Thau, grâce à sa sculpture « l’Homme, le soleil, le poisson » qui domine l’entrée du Petit Port des Nacelles à Mèze, faisant face à Sète, comme une provocation pacifique s’adressant par dessus les mers et océans à son pays d’origine.
La toile, le châssis et la bonne peinture à l’huile pour Patrick BACHS, peintre de la matière picturale forte de sens et d’humour par ses multiples clins d’oeils vers l’Espagne.
Laissez vos regards, vos sentiments divers appréhender avec générosité cette rencontre, ce dialogue, et que de cet instant privilégié naisse un peu plus d’universel face aux territoires éclatés dont les frontières ont tendance à se refermer sur elles mêmes.
Gérard CHOMARAT
Accès :
à Mèze se garer au « Parking du château »
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